AUDIG Morgan, un roman captivant ayant pour cadre Tchernobyl

 

J’avais entendu et lu des éloges dithyrambiques sur le dernier roman d’AUDIG Morgan et je dois avouer, que je n’ai pas été déçu.

De Bonnes raisons de mourir. 2019. AUDIG Morgan

Paris. Albin Michel. 490 p.

 

AUDIC Morgan De bonnes raisons de mourir
AUDIC Morgan De bonnes raisons de mourir

Présentation de l’éditeur pour le roman d’AUDIG Morgan

 

Un cadavre atrocement mutilé suspendu à la façade d’un bâtiment. Une ancienne ville soviétique envoûtante et terrifiante.

Deux enquêteurs, aux motivations divergentes, face à un tueur fou qui signe ses crimes d’une hirondelle empaillée.

Et l’ombre d’un double meurtre perpétré en 1986, la nuit où la centrale de Tchernobyl a explosé…

 

Morgan Audic signe un thriller époustouflant dans une Ukraine disloquée où se mêlent conflits armés, effondrement économique et revendications écologiques.

Mon avis (Juin 2019) pour De Bonnes raisons de mourir de Morgan AUDIG

 

Avouez, le pitch de l’éditeur donne envie de lire ce roman d’autant plus qu’Albin Michel n’a pas hésité a ajouté un bandeau pour faire vendre ce livre que l’on nous présente comme l’œuvre du « nouveau prodige du Thriller Français » . De toute façon, les plus fidèles de mes suiveurs (et qu’ils soient ici remerciés) étaient avertis que je lisais ce roman, qui traite notamment du tourisme de la désolation, sur lequel j’ai déjà pu écrire comme je restais dubitatif devant la bêtise humaine. C’est donc dans une zone de désolation, que nous emmène l’auteur Morgan Audik. Nous sommes au cœur de la région de Tchernobyl, une zone dévastée et contaminée pour des siècles et des siècles. Et pourtant, lorsque le capitaine Joseph Melnyk et l’officier Galina Novak doivent enquêter sur un meurtre, ils doivent commencer par éloigner les touristes, venus visiter cette zone cauchemardesque. Je sais désormais et vous aussi, que le tourisme de la désolation existe bien. Donc un meurtre a été commis, mais c’est surtout la mise en scène qui déroute, d’autant plus que le meurtrier (ou la meurtrière) laisse un oiseau empaillé à proximité de ses victimes. Vous l’avez compris, plusieurs meurtres seront commis avec à chaque fois de nouvelles interrogations.

Le premier corps, retrouvé « atrocement mutilé sur la façade d’un bâtiment », est celui du fils d’un oligarque russe, ministre de l’énergie en 1986. 1986, une année tristement célèbre en Ukraine, puisque le 26 avril la centrale nucléaire de Tchernobyl devenait le principal accident nucléaire de l’humanité.  Alors pourquoi un double meurtre en 1986 vient-il hanter les enquêteurs ? Je ne vais pas vous le dévoiler mais l’intrigue est rondement bien ficelée. L’enquête est donc menée par la police officielle, et le capitaine Melnyk voit dans cette enquête la possibilité de quitter cette impasse professionnelle, dans laquelle il ne s’est pas retrouvé par hasard. Quand à l’officier Novak, la jeune femme attend elle-aussi avec impatience de pouvoir exercer ses talents ailleurs que dans cette région meurtrière (les radiation sont omniprésentes et on les ressent à la lecture de ces lignes). Mais sans rien révéler et pour vous laisser le plaisir de la découverte, sachez que le père du jeune assassiné va à son tour recruter un enquêteur plus « officieux » : Rybalko. L’histoire de ce dernier aurait pu être au cœur de ce roman, mais l’auteur en a décidé autrement. Voilà donc deux enquêtes, qui vont nous entrainer dans l’Ukraine et la Russie des magouilles et de la corruption, mais aussi dans les questions écologiques et économiques, les thématiques de l’alcoolisme et de la désillusion de toute une population. C’est bien plus qu’une dénonciation de ce tourisme de la désolation mais bien une plongée dans l’univers « malsain » de l’Ukraine du quotidien. Et l’auteur nous tient en haleine avec une écriture ciselée et précise.

Oui certains passages auraient gagné à être développé, alors que j’aurai préféré que d’autres soient écourtés, mais le talent est là, je ne peux le nier. Le roman m’a tenu en haleine, même si je regrette une certaine précipitation sur la fin à vouloir conclure, alors qu’il y avait tant à dire.

Un coup de cœur néanmoins pour ce roman policier, que e vous conseille …et un nouvel auteur que je vais m’empresser de surveiller.

Page 82. « Et pourtant : ils étaient des dizaines et des dizaines à payer à prix d’or leur petit bout de la Riviera de Tchernobyl. Le diable en riait encore. « 

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