Ce que les prospectus publicitaires nous disent sur le monde d’après !

Les prospectus publicitaires sont devenus un emblème des problématiques qui se posent à notre société en ce temps de déconfinement. Et cela me conduit à être plus pessimiste qu’optimiste !

Consommer autrement, le mot d’ordre est devenu réalité depuis le début du confinement, et force est de constater que si les grandes enseignes (la Grande Distribution pour ne pas la nommer) ont boosté leur CA, les circuits courts ont, eux-aussi, attirer une nouvelle clientèle. Les seniors acceptent désormais de se rendre au drive, les Françaises et les Français étaient prêts à payer plus cher des primeurs, venus de France pour soutenir l’économie. Ce ne fut pas un choix raisonné bien au contraire, mais imposé par les circonstances et la peur. Ces habitudes vont-elles perdurer ou disparaitront-elles aussi vite qu’elles sont apparues ? Je ne m’avancerai pas à un pronostic, même si certaines tendances ne prêtent pas à l’optimisme béat.

Circuit court et consommation Made in France, des habitudes appelées à durer ou à disparaître ?

 

Le spectre du réchauffement climatique est dans toutes les têtes, et on se doute bien, que si rien n’est fait dans cette course folle au « toujours plus », on conduit notre monde à sa perte. Et pourtant, la problématique ne se pose pas avec autant de simplicité. Acheter français et soutenir le producteur de sa région, l’idée est louable et partagée par la quasi-totalité des Français. Mais ces derniers sont-ils prêts à payer leur kilo de tomates 4.49 € alors que la barre symbolique des deux euros n’est pas franchie avec les productions marocaines ou espagnoles ? La question du pouvoir d’achat et des inégalités se posent alors avec d’autant plus de force.

Celles et ceux, déjà sensibilisées à ces questionnements, prolongeront leurs efforts, qui ne pourront pas être partagés par d’autres. Le choix est aussi économique, et on aurait tort de l’oublier. N’oubliez pas que malgré les aides, près d’un français sur trois (31 % exactement) reconnait avoir perdu une partie de sa rémunération. La récession, qui s’installe et qui devrait creuser les chiffres de Pole Emploi, ne risque pas d’arranger cette situation délicate. Les produits importés et les prix les moins chers seront bientôt de retour, et on oubliera vite ce soutien à l’agriculture française.

Les géants de la distribution tiraillés entre le développement durable et  la course aux parts de marché

 

Certains signes ne trompent pas. Ainsi, Leclerc (mais on aurait pu citer d’autres enseignes) s’est engagé depuis plusieurs années à réduire les prospectus papier, qui viennent inonder nos boites aux lettres. Une inondation stoppée nette le 17 mars, qui a amené la grande majorité des distributeurs à suspendre leurs opérations commerciales. Les défenseurs de la nature et de l’environnement peuvent se réjouir… La communication s’est transférée sur le Digital. Le bilan n’est pas neutre ni anodin. On estime ainsi, que 27 kilos de prospectus et imprimés publicitaires sont distribués dans les boites aux lettres chaque …seconde. Les chiffres sont éloquents : 40 kilos distribués par foyer soit 17 kilos par habitant. 18 milliards de prospectus soit 830.000 tonnes de papier.   Et cela nourrit aussi les services marketing, qui investissent chaque année 2.8 milliards d’euros dans ces « Imprimés sans adresse ».

Les prospectus publicitaires, chronique d’un retour annoncé

Deux mois de confinement et ce sont ainsi 150.000 tonnes de papier qui ne viendront pas grossir le poids de nos poubelles. Un bienfait pour l’environnement (même s’il faudrait alors revenir sur la pollution générée par le Digital) …et une économie substantielle pour les entreprises concernées. Sauf qu’à la minute où l’un des principaux acteurs de la distribution de ces prospectus publicitaires a annoncé la reprise du travail dans quelques jours, les géants de la Grande distribution se sont alors attelés à renouer avec les anciennes habitudes : la semaine du 25 mai, ce sont ainsi 110 millions de prospectus qui devraient être distribués. Un peu comme s’il fallait rattraper le temps perdu ? Le confinement sera-t-il définitivement considéré comme un temps perdu et n’aura-t-il pas été un temps d’introspection ? la question se pose, et je redoute, comme je vous le disais en commençant, que le monde d’avant reprendra ses droits. Triste mais implacable et avantage de l’âge ou pas, cela restera ainsi.

Et vous, les prospectus publicitaires, vous les attendez avec impatience ou vous les craignez ?

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