Gilets jaunes, foulards rouges, blanc bonnet et bonnet blanc !

 

L’actualité chaude se concentre, depuis plusieurs semaines, autour des Gilets Jaunes. Des mouvements naissent ici et là pour contester les moyens employés, rendant le dialogue encore plus confus.

 

Quand les réseaux sociaux détruisent la relation humaine ….

A l’heure des réseaux sociaux et des relations virtuelles, comment vouloir réussir à réconcilier les individus entre eux ? Les positions de posture sont affichées fièrement sur Facebook, alors que personne ne tend la main ou au moins l’oreille. Les plus crédules se laissent, comme cela était prévisible, embobiner par des discours formatés et des tribunes bien élaborées. Les tribuns, certains revendiquent leur talent en la matière, pullulent, et la guerre des égos peut commencer. Inutile de vouloir réconcilier gilets jaunes et foulards rouges, puisque tous sont convaincus être dans leur bon droit. On sort ici la constitution de 1958 pour expliquer en quoi le peuple est souverain, et on dégaine de l’autre côté les pauvres salariés en chômage technique pour « paralysie de l’économie ». On préférera (je parle après l’avoir constaté de mes propres yeux) s’offrir un Facebook Live pour dénoncer les agissements indélicats de tel ou tel fonctionnaire, mais on s’empressera de fermer la caméra en passant devant un SDF, qui a le malheur de tendre la main …Non pas sur mon mur Facebook ? Ne pas montrer la misère ou ne pas montrer sa propre indifférence…. Nous en sommes arrivés ici, et n’attendez pas que je pointe du doigt le(ou les) responsables. Les réseaux sociaux démontrent, mais était-ce nécessaire d’en arriver là, leur perversité.

Gilets jaunes contre foulards rouges, et si personne n’avait raison ?

Vouloir porter la voix du plus grand nombre et donc du peuple est une belle chose sur le papier, et comme on « ne fait pas d’omelette sans casser d’œufs », on ressort des recettes maintefois cuisinées. Des blocages, des filtrages, ….. Les gilets jaunes ne voient pas le mal puisque c’est pour le bien du peuple et que le mouvement se déclare pacifiste. De leur côté, les foulards rouges nous jurent, main sur le cœur, ne pas combattre les gilets jaunes, admettant même partager certains de leurs revendications. En revanche, question méthode ils désapprouvent soulignant la casse, la prise en otage, la paralysie de l’économie. De ce côté ci aussi, on connait les adages populaires et si « la liberté s’arrête là où  commence celle d’autrui », les gilets jaunes doivent alors, à écouter les seconds, être arrêtés immédiatement. Qui a raison ? Qui a tort ? Personne bien sûr.

Ajoutez à cela, les médias, que j’ose accuser de jeter de l’huile sur le feu sans faire leur métier. Faut-il rappeler que leur objectif est d’informer. Malheureusement, l’information se feuilletonne (il faut bien vendre de la pub). Alors plutôt que de nous proposer des grandes enquêtes de fond (et en la matièe les sujets ne manquent pas), les éditions spéciales se succèdent. Et pour attirer les spectateurs et les sponsors, il faut une histoire (celle des Gilets jaunes est belle) et du suspens (La capitale française va-t-elle être détruite ?). Ajoutez à cela quelques supercheries, comme lorsqu’une journaliste chevronnée interroge un gilet jaune « Alors demain vous êtes Président de la République, que faites-vous ? »… Et les réponses du gilet jaune déclenchent l’hilarité de la journaliste « Excusez-moi, mais cela ne fonctionne pas comme cela… ».

 

Comment souhaitez-vous après créer les conditions d’un dialogue et d’une discussion. La suspicion est partout. Si vous n’avez pas votre gilet jaune bien visible sur votre voiture, vous serez, dans le meilleur des cas, caillassés et pourrez même voir votre voiture se transformer en punchingball. Pas de foulard rouge sur votre page Facebook, et vous voilà traité de fainéant et de laxiste. Chacun a ses arguments, mais personne ne semble prendre connaissance de quoi il retourne. Le SMIC à 1700 euros net chaque mois, tout le monde en rêve. Le boulanger, celui qui est en bas de chez vous, il serait heureux de payer sa seule vendeuse dignement. Mais vous, accepterez-vous que demain votre baguette vous coute 2.50 € De toute façon, vous n’aurez pas le choix, car le boulanger, pour pouvoir payer sa vendeuse il doit dégager de la trésorerie. Les indignations de journalistes, les colères des politiques, les coups de gueule des gilets jaunes ou des foulards rouges, … Franchement on n’y croit plus trop ou plutôt devrai-je dire, je n’y crois plus mais constate amèrement que cela fonctionne toujours aussi bien.

Un mort dans les manifestations, et là ce sera le grand mea culpa de tous, mais la faute de personne. Certains rêvent d’un mai 1968 et de ce vent de liberté, mais nous ne sommes plus en 1968. La liberté est un leurre, tout du moins dans la conception que nous lui accordons aujourd’hui. Pouvez-vous croire une minute que plus de 60 millions de français pourront décider à l’unisson, alors que quelques milliers de personnes ne parviennent pas à s’accorder pour nommer des représentants ? Cela permettra des vidéos de certains, qui expliqueront comment il faut réfléchir, calculer … bref penser. Ceux-là, et ceux-là seuls pourront alors se « dévouer » (l’idée de sacrifice plait toujours à la foule) et préparer cette société idéale. Ils s’organiseront, se structureront, et dans quelques années les gilets jaunes seront devenus le premier parti de France. La seule question, qui prévaudra, sera alors de savoir combien de temps ils résisteront à l’usure du pouvoir et à la corruption de la société …Mais cela, moquons-nous en, et laissons nos enfants s’évertuer à poursuivre cette aventure si pathétique.

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