Journée de la femme, un problème d’interprétation ?

Journée de la femme

Voilà bien un billet, qui ne touchera pas son but. En effet, en tant qu’homme, vouloir écrire un billet pour défendre cette journée de la femme, voilà bien une ambition qui sera mal perçue et mal comprise. Et le problème vient peut-être de là.

Eric. 09/03/2022

 

On célèbre chaque année le 08 mars comme étant la Journée de la Femme, et on (je ne m’exclue pas de cette appellation générique) se gausse d’une journée dédiée à la femme, reprochant alors ue la même intention ne soit pas réservée aux hommes. Certains iront même jusqu’à vouloir faire croire, que si une journée dans l’année, les femmes sont à l’honneur, cela implique nécessairement que toutes les autres sont réservés aux hommes.

Si j’ai participé (et je le regrette) à cette banalisation de cette  journée internationale, il est tout autrement aujourd’hui. C’est pourquoi du reste, je me suis abstenu de poster cet article de blog le jour même de cette célébration. Je refuse l’idée même d’une instrumentalisation. Je vous laisse vous informer sur le sens et  l’historique de cette célébration (le terme même est impropre) et vous rappelle, que cette journée n’est pas celle de la femme mais bien celle des droits de la femme. Je souris en entendant les conseils de certains, pour quoi cette journée se concrétise par un achat de fleurs ou un achat de chocolat. Je bouillonne, quand certaines entreprises réservent un petit présent à leurs collaboratrices, et contiens mon explosion, quand des personnalités publiques décident de laisser leur place pour une journée à une femme.

Bien évidemment, la lutte contre les discriminations en tout genre, les efforts déployés pour accéder (enfin) à l’égalité homme – femme, …, sont essentiels, mais quand même on ne peut pas limiter cette journée à ces seules déclarations. Inutile de traverser le monde pour comprendre que la place des femmes est loin, très loin même des attentes légitimes de plus de la moitié de la population.  Et je vous parle bien de la France en 2022. Pourtant il y a eu #Meetoo qui, on nous l’a ainsi présenté, libéré la parole des femmes. Mais cette parole n’a jamais été absente, le problème réside ailleurs : dans l’écoute, la compréhension et la réelle prise en compte. L’existence même de cette journée des Femmes constitue, à mes yeux, une preuve intangible de notre incapacité à (ré)agir, alors quand le 7 mars, le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE) publie la première édition du baromètre contre le sexisme, les bras m’en tombent. Je vous laisse en découvrir les détails, mais le constat est accablant. Une femme sur 5 de moins de 34 ans reconnait avoir déjà été victimes de propos sexistes et/ou d’agressions sexuelles. Une femme sur 5, j’ai du mal à appréhender cette réalité, et cela ne fait que confirmer une conviction profonde : les belles paroles ne servent à rien, et les mouvements féministes se durcissent (comme j’ai déjà pu le souligner par ailleurs). Je comprends cette « radicalisation », même si je conçois aussi que celle-ci heurte certains mâles ; qui ne trouveront pas ailleurs d’autre voie pour exprimer leur mécontentement de dénoncer une approche trop « genrée » de la société. Comment voulez-vous, dans ces conditions, que la journée de la femme 2023 fasse état d’une amélioration de la situation.

Et pour vous qu’est-ce que représente cette journée du 8 mars ? La place de la femme dans la société française, vous la jugez comment ?

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