La politique est devenue un art, et voilà le danger de notre monde

J’ai de plus en plus de mal à comprendre ce monde et à me fondre dans une société mal en point. En effet, si les Gilets Jaunes concentrent l’actualité depuis des semaines et même des mois, tous les partis politiques auraient du se mobiliser pour imaginer une sortie de crise. Le gouvernement est dans son rôle en soulignant, à qui veut bien l’entendre, que des milliards ont été débloqués pour redonner du pouvoir d’achat aux Françaises et aux Français qui souffrent, comme si la notion même de pouvoir d’achat pouvait à elle seule apaiser une situation bien plus profonde à mon avis. Et au détour de ma revue de presse quotidienne, me voilà estomaqué par une citation de Mr François Ruffin, qui a l’audace de déclarer : « Je me vois comme un artiste en politique, lui (Mélenchon) serait un artiste de la politique ». La politique serait donc devenue un art, et cela expliquerait alors cette incapacité à résoudre quoi que ce soit.

Peut-on reprocher à l’opposition de rejeter la faute sur ce même gouvernement ? Bien sûr que non, puisque par nature, l’opposition vise à affaiblir le pouvoir en place. Mais au final, ces postures politiques (attention, il ne s’agit aucunement de politique au sens noble du terme) sont néfastes à la sérénité.

Les extrémismes en politique, des dangers latents et sournois

On lit ici ou là les menaces, que pourraient faire peser les partis d’extrême droite et d’extrême gauche, et on en vient à publier la nature dangereuse de ces extrémismes, qui ne diffèrent en rien de ceux que l’on rencontre dans l’univers spirituel. Le racisme, l’antisémitisme sont des fléaux, qui ne disent pas leur nom et qui divisent la population française. Et pourtant, ils sont bien ancrés dans le quotidien des Français. Je ne vais pas lister les signes qui le prouvent, mais s’ils sont nombreux à se déclarer tolérants et humanistes, pourquoi les différences raciales sont-elles systématiquement stigmatisées.

Le populisme de l’extrême gauche n’en est pas moins pernicieux, en invitant (sans le dire bien évidemment) à combattre les bourgeois (je caricature, mais la lutte des classes reste une obsession dans ce milieu). Je ne comprendrai jamais, que ces luttes populaires à l’origine soient reprises en main par un tribun, dont la formation et la situation justifieraient plus qu’il rejoigne la classe qu’il entend pourchasser.

Nous nous déchirons donc, les Gilets Jaunes se radicalisent, et aucune solution sérieuse n’émerge, comme s’il fallait attendre une nouvelle escalade. Pourtant, les idées sont sur la table, et il ne sert à rien d’affirmer, sans contestation possible, qu’il est impossible de revoir le système fiscal français, ou que le revenu universel est une douce utopie.  L’art de la politique, voilà le danger. Si la rhétorique reste un plaisir à mes oreilles, elle n’a pas sa place pour gouverner le monde et notre société. Des chiffres, des faits, du concret et du pragmatique, voilà les seules choses qui auraient grâce aux yeux du peuple de France. Et pourtant, nous en sommes loin. Lorsqu’un homme présenté comme le prochain leader de La France Insoumise s’attaque au président de la République, ce n’est pas pour des idées politiques, mais bien pour dénoncer une approche qui est différente de la sienne. Doit-on croire, que celui qui parle le plus fort a toujours raison ? C’est en tout cas ce que tout cela suppose.

Loin des petites phrases, je réfléchis encore et encore ….et n’est-ce pas cela plutôt la politique. Tenter d’apporter des réponses plutôt que de se poser des questions. A chaque problème, il ne convient pas d’ajouter de nouvelles querelles mais bien de sortir de la situation de crise, et pourtant c’est loin d’être le cas aujourd’hui.

Je ne rêve plus, comme lorsque j’avais 20 ans, et c’est bien là le drame et le plaisir de l’avantage de l’âge non. Toujours est-il qu’on peut légitimement s’interroger sur la capacité des homes et des femmes politiques à nous sortir de ce marasme.

Et vous, comment définiriez-vous la politique aujourd’hui ?

Restons en contact