L’absurdité du divorce par consentement mutuel, une hérésie incompréhensible

Pour une fois, je ne me réjouis pas d’avoir eu raison. Cela ne le fait pas plaisir que je ne me sois pas trompé. Souvenez-vous, je vous parlais, il y a quelques semaines, du divorce par consentement mutuel, que mon épouse avait réussi à me faire admettre.  Quoi qu’on en dise, le traumatisme est bien présent dans une séparation, et plus l’union a été longue et plus le traumatisme est important. Mais par définition, lorsqu’il y a séparation, c’est qu’il y a mésentente ou au minimum une différence de point de vue. Comment alors vouloir relier l’antinomique ? L’irréconciliable.

Divorce par consentement mutuel, le mari présumé fautif ?

Si vous vous attendez à lire ici mes propres déboires, vous vous êtes trompés de lieu. Ce ne serait pas digne de ne livrer qu’un point de vue (le mien en l’occurrence) puisque par définition il en existe un second, qui est ici diamétralement opposé. Je vais donc me borner à dénoncer cette antinomie. Le divorce plonge chacune des deux parties dans le doute et la peur de l’inconnu, qui, par définition, n’est pas prévisible, et encore moins dans de telles circonstances.

Mais avouons une chose, c’est que le mari apparait comme fautif avant même qu’un premier rendez-vous devant le juge ne soit intervenu. Vous en doutez, alors regardez les statistiques et vous verrez que dans la très grande majorité des cas, la femme obtient gain de cause. Cela plonge le mari dans un état de « perdant », et la probabilité d’obtenir le logement familial ou encore la garde du (ou des) enfant(s) lui est moins favorable. Et c’est un handicap qui est lourd à supporter.

Être d’accord de ne pas être d’accord, une hérésie et pourtant ?

Consentir mutuellement à un divorce revient à s’accorder d’un désaccord. Vous avouerez que c’est bien difficile d’y parvenir et pourtant c’est ce qui est demandé. On peut se draper de vertu et de principes, il n’empêche (et ce quoi qu’en disent certains) qu’un divorce reste un échec. On est tous passé devant le maire pour se promettre fidélité jusqu’à « ce que la mort nous sépare ». Alors en acceptant cet échec, on est renvoyé à ses propres erreurs (même si tout le jeu du divorce consiste bien à faire ressortir les erreurs de l’autre, homme ou femme). En tout cas, c’est ainsi que je le conçois. Vous l’aurez compris, le divorce par consentement mutuel n’est pas à mon avis possible, et si je vous parlerai dans les prochains jours du dénouement de cet épisode de ma propre existence, j’attends aussi de pouvoir échanger avec les hommes et les femmes, qui ont déjà traversé cette épreuve ou qui s’apprêtent à emprunter ce chemin. (Vous pouvez m’écrire pour échanger ou commenter cet article)

Et vous, divorce et consentement mutuel, arrivez-vous à concevoir ces deux contraires dans une seule et même procédure ?  

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