Le mythe du grand débat et l’utopie de démocratie

23 MARS 2019

Le Grand débat se termine donc ce vendredi 15 mars, et il faudra attendre plusieurs semaines pour prendre connaissance des propositions des Françaises et des Français. Je ne peux pas toutes les lister, mais je constate, comme tous les journalistes, que deux grandes thématiques sortent du lot :

  • Une hausse concrète et rapide du pouvoir d’achat
  • Des efforts pour lutter contre la défiance envers les Institutions et les élites

En matière de propositions concrètes, on retrouve de tout parmi les initiatives proposées, depuis les plus farfelues jusqu’aux plus construites. Force est de constater, que le gouvernement en place (et je ne doute pas qu’il en sera de même pour ceux à venir) devra tenir compte de cette expression, et je sais par avance que des décisions seront prises dans les deux axes prioritaires dessinés par la prise de parole du peuple français. Pourtant, je me méfie toujours des raccourcis et ne veux pas voir dans ce grand débat une démocratie directe, aussi utopique que dangereuse.

Quand la majorité n’a pas forcément raison, le constat d’une société en perte de repères

J’ai participé au grand débat en faisant part de mes idées et de mes propositions. Je ne les livre pas ici, puisque cela serait sans aucun intérêt. En revanche, j’attire votre attention sur le fait qu’ils seront des millions à être déçus de la réaction gouvernementale. On ne peut pas plaire à tout le monde, et surtout il faut tenir compte d’une vision plus globale de la société. C’est inquiétant de voir le nombre de propositions visant à plus contrôler (et je vous assure que le mot est faible à la lecture de certains textes) les entreprises. A-t-on oublié que seules les entreprises créent de l’emploi et de la richesse ? A-t-on oublié que sans les entreprises, l’identité nationale se serait dissoute dans une mondialisation et une digitalisation intensive ?

C’est pourquoi, je prédis une période troublée, car comment pourrait-il en être autrement en voyant des demandes oubliées ou sacrifiées sur l’autel de la rationalité et de l’efficacité ?

C’est une catastrophe annoncée, qui se prépare si le gouvernement commet l’erreur de vouloir satisfaire le plus grand nombre. Le calcul (politique) serait alors en contradiction avec ce que doit être, selon moi, la démocratie : la construction d’un projet reposant sur une vision stratégique et globale de l’avenir de notre pays. Et pourtant, les réélections et les études d’opinion faussent le jeu, puisque le président et son gouvernement sont conscients que l’inaction serait payée chère aux prochaines élections. Alors la sortie de crise s’éloigne-t-elle un peu plus encore aujourd’hui ?

C’est bien une question embarrassante, que les médias et les pseudos experts sont trop tentés d’écarter d’un revers de la main. Et pourtant, elle se posera et devra être solutionnée à un moment ou à un autre, c’est une évidence incontestable.

Et vous, le grand débat vous fait-il peur quant aux conséquences qu’il va susciter ?

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