Le numérique, un ennemi virtuel de l’écologie, mais un danger bien réel pour l’environnement

Prendre soin de l’environnement est devenue un leitmotiv, une tendance de fond, que chacun et chacune essaie de concrétiser au quotidien. Je ne suis pas convaincu de cet état de fait, et je vous invite à regarder autour de vous pour comprendre, que notre engagement écologique reste avant tout une question d’apparence et de bonne conscience. Je reviendrai sur ce sujet, car aujourd’hui, un autre dilemme me préoccupe. D’un 7côté, notre avenir ne se fera pas sans prendre soin de notre planète. C’est une bonne chose. D’un autre, on nous explique, que nous ne pourrons pas nous sortir de cette ornière sans investir massivement l’économie 2.0, le Digital. Là encore, posée ainsi, cette évidence semble bénéfique à toutes et tous. Et pourtant, la contradiction est là sous vos yeux.

Numérique et écologie, une alliance utopique

 

Vous pensez alors que je vais revenir sur la surexploitation des métaux rares pour produire ces  Smartphones de plus en plus sophistiqués et que nous remplaçons de plus en plus souvent.  Vous êtes persuadé, que je vais vous parler de ces milliers de pages imprimées qui finissent à la poubelle et que la déforestation liée à la digitalisation de nos économies sera mon sujet de discussion. Vous estimez que je vais dénoncer la pollution des cartouches d’imprimantes, véritable fléau pour notre environnement ? ….

Pas du tout, tous ces sujets existent et mériteraient à eux-seuls d’être dénoncés. Mais aujourd’hui concentrons-nous sur notre « consommation d’Internet ». Une consommation, gourmande en électricité, une consommation qui en appelle d’autres (des climatiseurs pour refroidir les serveurs, des « nuages » (Cloud) de plus en plus puissant pour enfermer nos mémoires individuelles, des programmes surpuissants pour relier et connecter tous nos appareils,  ….). une récente étude souligne que le numérique est déjà à l’origine de 4 % de la production des gaz à effet de serre, et que son importance en la matière pourrait doubler dans les 5 ans à venir.

Et pur mieux se rendre compte de l’importance de ce phénomène, sachez que le numérique, aussi génial soit-il, masque des statistiques qui font littéralement froid dans le dos.

 

  • En moyenne, une donnée numérique, comme un mail que vous envoyez par exemple, parcourt 15.000 kilomètres. Imagine l’énergie nécessaire pour traiter les 8 à 10 milliards de mails qui sont envoyés en une heure sur la planète.
  • Pour Internet, au niveau mondial, sachez qu’il existe environ 45 millions de serveurs et 800 millions d’équipements réseaux, comme les box ADSL, les routeurs, ….
  • A travers le monde, on estime le nombre d’objets connectés à 10 milliards, un chiffre qui croit à une vitesse folle. Et chaque objet connecté envoie en permanence des données (oui, oui, en moyenne ces données vont parcourir 15.000 kilomètres)
  • ….

Je ne suis pas pessimiste par nature, mais quand même. Je crois voir dans ces chiffres un phénomène qui est désormais hors de contrôle. On se bat encore pour le déploiement de la 5G, que déjà la 6G est annoncée comme une nouvelle révolution. Plus les révolutions seront nombreuses et rapide, et plus l’impact sur l’environnement sera important. Je ne vous dis pas qu’il faut choisir entre la protection de l’environnement et le numérique, mais simplement que tout est lié, et qu’à force de raccourci, on perd de vue les choses essentielles et importantes.

 

Et vous, plutôt écologie ou numérique ? Protection de l’environnement ou geek dans l’âme ?

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