Le zoo d’Amnéville nous pousse à nous interroger ….dommage !

C’est avec tristesse, que je suis depuis quelques jours, les déboires du zoo d’Amnéville. Créé en 1986, ce parc zoologique de Moselle a fait l’admiration d’un nombre incalculable de visiteurs, et je dois bien avouer que je faisais partie de ces inconditionnels, puisque dans les années 1990, je passais de nombreuses journées à admirer les loups, ces animaux emblématiques pour moi (une passion dont je vous parlerai un jour). Mais le zoo d’Amnéville ne fait pas parler de lui en bien ces derniers jours.

 

Un parc zoologique proche de la banqueroute

Le spectacle des rapaces en 2017, lors d'un e mes passages
Le spectacle des rapaces en 2017, lors d’un de mes passages

 

Ce sont les journalistes de France Bleu Lorraine qui ont mené une enquête qui demande selon moi à être approfondie mais qui traduit néanmoins un malaise. Avec 120 procédures aux Prud’hommes, le zoo d’Amnéville ne s’est pas fait que des amis, et on peut supposer que dans le lot, des accusations calomnieuses ont pu se glisser. En revanche, même si le nombre ne fait pas loi, on peut supposer qu’une partie des accusations devrait être vérifiée dans les jours à venir, et je peux vous dire que tout y passe.

La direction du zoo, assurée par le fondateur lui-même, Mr Michel Louis tiendrait ainsi une liste noire servant à « noter » les salariés mais aussi les visiteurs. Il suffirait donc de soutenir une association de défense de la cause animale pour être blacklisté. Comme toujours dans ce genre d’affaires, les malversations financières sont également pointées du doigts. De l’argent qui disparait, des salaires versées en partie en espèces, des cadeaux incompréhensibles et injustifiables, …. Les accusations se multiplient et là encore, il sera difficile de séparer le vrai de la calomnie.

Des animaux tronçonnés pour gagner trois francs six sous ?

 

Là où les accusations me blessent le plus, c’est lorsqu’il s’agit de s’intéresser à la cause animale. Je suis choqué de lire que le zoo déverserait les eaux usées (et donc les excréments des animaux) dans des forêts publiques avoisinantes sans aucune autorisation. Une pollution inacceptable, mais aussi un risque écologique évident. La vidange des eaux des bassins par exemple rejetterait ainsi dans la nature mosellane son lot d’azote, de chlore et autres substances nocives.

Et que dire de l’accusation faite concernant les décès d’animaux qui résulteraient d’erreurs d’anesthésie ? Pire encore, on relate que pour économiser les frais d’équarrissage, le zoo aurait fait tronçonner des dépouilles d’animaux pour pouvoir les enterrer. Et là cela devient abject. Je vous tiendrai informé des suites donnés à ces accusations, mais malheureusement, je pressens qu’une partie est fondée.

Des zoos appelés à toujours plus de spectaculaire

Plus généralement, le zoo d’Amnéville, comme tous les autres parcs zoologiques de France, doit redoubler d’efforts pour attirer soin public. En créant TigerWorld, le zoo d’Amnéville avait déjà fait couler beaucoup d’encre, puisque certains dénonçaient un spectacle de cirque qui n’avait pas sa place dans un parc zoologique. Qu’importe, le constat est sans appel. Sans ces manifestations médiatisées et grand spectacle, le public a tendance à déserter les allées des parcs zoologiques à une époque où le bien-être animal est devenu une vertu.

Et c’est la condamnation d’une époque tout entière. Nous ne voulons plus voir d’animaux tournant en rond dans leur cage étriquée, mais on est prêt à payer pour voir des tigres s’allonger sur des dresseurs au torse nu. Quelle drôle d’époque ?

Vers la disparition des zoos ? Une menace ou une aubaine ?

 

Que dire de cette histoire, si ce n’est qu’elle me chagrine. En effet, je ne peux me résoudre à abandonner cette image du zoo, tel que je l’ai connu, et pourtant. On reconnait bien là mon attachement à ces souvenirs du passé, comme si il me fallait revivre ce que j’avais déjà vécu. Le titre de l’Avantage de l’âge n’est en rien usurpé ici.

En revanche, si ces faits ne trouvent à mes yeux aucune circonstance atténuante, je ne me résous pas pour autant à demander la fermeture du zoo, comme le fait une pétition. Est-ce la cautionner ? Certainement pas, et je me pose sérieusement la question de mon positionnement face à un tel sujet. Dois-je me refuser désormais à visiter tout parc zoologique, ou dois-je m’engager plus activement dans les luttes qui me parlent sans pour autant priver ma princesse de pouvoir voir ce spectacle grandiose des animaux               ? Je n’ai pas de réponses à cet instant, mais quand même …..

Et vous, que vous inspire cette histoire du zoo d’Amnéville ? Êtes – vous pour ou contre l’interdiction des espaces de ce genre ?

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