Mireille CALMEL et la Prisonnière du Diable, diaboliquement attirant

Dans la liste de mes auteurs préférés, Mireille CALMEL tient une place véritablement à part, et je suis toujours dans l’attente de la lecture de ces nouveaux romans, et le dernier en date ne fait pas exception à la règle.

(La) Prisonnière du diable. 2019. CALMEL, Mireille

Paris. XO Editions. 405 p.

Présentation de l’éditeur sur ce dernier roman de Mireille CALMEL :

Mai 1494, en Égypte. Une roue de pierre tourne, gardée par un ordre secret. Lorsqu’elle s’arrête, le nom de celui qui doit mourir apparaît sur la tranche. Celui dont le diable s’est emparé et qui sera exécuté par l’Ordre. La volonté de Dieu…

Juin 1494, à Utelle, sur les hauteurs de Nice. Hersande règne sur le sanctuaire de Notre-Dame. Elle reçoit enfin le billet délivré par la roue. Mais lorsqu’elle lit le message, elle vacille. Jamais ce nom n’aurait dû apparaître…

Un thriller médiéval vertigineux… … dans les flammes de l’enfer.

Mon avis (octobre 2019) sur La Prisonnière du diable

Décidément, si on peut qualifier Mireille Calmel de spécialiste des romans historiques, on peut aussi souligner à quel point elle est, depuis son lit d’Aliénor au début des années 2000, une grande défenseuse du droit et de l’image des Femmes. Comme à son habitude, elle nous décrit ici ses héroïnes du quotidien, qui sans cesse se batte contre leur destinée….

Le 22ème roman de cette auteure, qui décidément fait partie de mon univers, nous entraine à Utelle, un hameau dans les abords de Nice, où Hersande, qui est à la tête du sanctuaire de Notre Dame, reçoit un mystérieux message / ordre venu tout droit d’Egypte. Je ne vous raconterai pas les arcanes de cette histoire, qui est cependant, une fois de plus fort bien menée. Mireille Calmel sait combiner roman historique avec une part de « mystérieux ou de surnaturel ». Que penser de ce mystérieux ordre, géré par des femmes, et dont l’objectif est de condamner celles et ceux, qui sont possédés par le diable. Et pourquoi Hersande est-elle indisposée quand elle reçoit son « ordre de tuer » ? Cette femme de caractère aurait pu (et elle l’est à une certaine manière) l’héroïne de cet opus. Mais ce serait sans compter sur Myriam, cette jeune et jolie veuve, qui, elle aussi, se débat avec un passé qu’on apprendra au fur et à mesure, et nous invite à nous fasciner pour le quotidien des tailleurs de pierre, puisque son époux défunt l’était et qu’il a « transmis » le flambeau à un autre. Difficile de ne pas en dire plus, mais peut-être que la transmission est au cœur de ce roman historique, qu’il s’agisse de la transmission des actions à accomplir, et en l’occurrence on pense au meurtre bien sûr, ou encore à celui de l’amour perdu…

Ajoutez à l’intrigue un baron diabolique, ou tout du moins présenté comme tel, et dont le passé pourrait être encore plus noir depuis la disparition de son épouse …Vous l’avez compris, Mireille Calmel joue avec les personnages et ce cadre privilégié qu’est le village. En lisant cet ouvrage, je me suis pris à voir en chacun le potentiel destinataire du message funeste venu d’Egypte mais aussi la lourde condamnation en venir. Toutes les héroïnes et les héros (cela fonctionne mieux dans ce sens là avec les ouvrages de Mireille Calmel) du roman pourraient être à la fois être prises pour meurtrière ou pour cible.

Vous l’avez compris, c’est encore une fois, un grand plaisir que d’avoir dévoré ce 22ème roman de Mireille Calmel. Je vous le conseille pour l’intrigue bien sûr, mais pour cette évocation pleine d’érudition de la vie quotidienne dans ce village d’Utelle en cette fin de Moyen Age, ou encore pour comprendre « Cette fascination doublée de remords face à la mort ». Car bien évidemment, si le diable est au cœur de l’intrigue, la religion berce ce quotidien, de la sexualité aux jugements moraux, et l’auteure réussit à réunir tout cela en un bien bel opus. Vivement le prochain donc …

« Tu connais la règle. Jouir l’un de l’autre serait pêché », une des sentences énigmatiques que je vous laisse découvrir dans ce roman….

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