Pourquoi je ne suis pas solidaire des gilets jaunes ?

Dans quelques heures, les citoyens prendront donc leur destin entre leurs mains, en initiant des actions dans toutes les régions de France. Certains se félicitent d’un mouvement né du peuple (mais à mon sens vite récupéré par les partis politiques et les syndicats) alors que d’autres craignent des débordements prévisibles au vu du manque de préparation et d’organisation. Contestataire ce n’est pas un état qui s’improvise, et c’est le premier coup porté à l’utopie voulue par certains. Je ne suis pas solidaire de ce mouvement à plus d’un titre, sans pour autant condamner celles et ceux, qui vont le rejoindre.

Des demandes trop hétéroclites pour avoir du sens ?

Bien sûr, la hausse des prix des carburants est un mot d’ordre que l’on retrouve presque partout. Mais le mouvement des gilets jaunes reste néanmoins trop vague pour pouvoir être efficace. Ce n’est pas en agrégeant les innombrables demandes de toutes les catégories de français en colère, que nous pourrons parvenir à faire entendre notre voix. Les retraités, qui luttent contre leur baisse incontestable de pouvoir d’achat, les indépendants qui se plaignent de ne pas voir la baisse promise des charges, …. Alors sur le terrain, cette multiplication des revendications risque d’avoir de lourdes conséquences, car les actions des uns ne feront pas forcément le bonheur des autres.

Une stigmatisation trop appuyée pour donner du crédit à la demande

Les gilets jaunes (appelons-les comme cela) stigmatisent à outrance. Ils ont la bonne procédure pour atteindre les objectifs, et ceux qui refusent de les rejoindre ont tort. Je schématise, mais c’est le principe. Je ne suis pas gilet jaune et ne suis pas solidaire, et alors. Non, je ne soutiens pas la baisse des prix du carburant, oui je me plains de mon pouvoir d’achat et des multiples taxes, qui pèsent sur tout mon quotidien. Et alors ? Je ne vais pas bloquer le pays pour cela. Peut-être que cela va me donner l’envie de m’engager en politique pour faire changer les choses mais certainement pas entrer dans une méthode contestataire que je réprouve.

Une action qui ne vise pas les bonnes cibles

 

Le blocage, toujours le blocage ….. Si on vante la créativité et l’inventivité, que peuvent susciter la Toile, on revient néanmoins toujours aux mêmes modes d’action. Bloquer le pays, j’ai bien compris le système. Mais franchement, en 2018, a-t-on réellement compris que ces blocages ne nuisent qu’à ….nous-mêmes ? Pensez-vous qu’une journée, et même une semaine de manifestation va atteindre le gouvernement au portefeuille (d’autant plus qu’il ne s’agit que de report des achats ) ? Pensez-vous que les Grands groupes (pétroliers) notamment n’ont pas de réserve suffisante pour durer plus longtemps que vous ? …. A l’inverse, les nombreux projets de blocage des centres commerciaux vont empêcher certains salariés d’aller travailler (une journée de salaire en moins à quelques semaines des fêtes de fin d’année, c’est une baisse importante de pouvoir d’achat). Les gilets jaunes créeront alors une cagnotte pour aider ces salariés. Mais dans ces grands centres, vous trouvez aussi votre boulanger, votre buraliste, votre libraire, …. Eux ne récupéreront pas le chiffre d’affaires perdu, et croyez-moi une journée de CA de perdu c’est un coup dur pour un commerce de petite taille, car les charges elles ne font pas grève. La cible est mal définie (normal puisque les revendications sont trop nombreuses) ….

 

Des dérapages trop prévisibles, une situation explosive

 

Ajoutez à cela : un gouvernement qui veut faire le coq (« Si il y a des blocages généraux, la force publique interviendra « )

Ajoutez à cela des extrémistes du mouvement (« Si il y a des résistances contre notre mouvement, il y aura violence «

Ajoutez à cela des opposants extrémistes du mouvement (« Si un gilet jaune me bloque, je l’écrase, … »

Ajoutez à cela des journalistes qui aiment faire peur plutôt que de faire du journalisme (« La France est-elle au bord d’une nouvelle Révolution ? »

 

Voilà, nous avons tous les ingrédients pour que ce 17 novembre soit une journée noire pour notre société. Une journée, où nous nous diviserons, où les uns s’opposeront aux autres, où certains se sentiront surpuissants alors que d’autres désespéreront de la situation. Je croise les doigts pour éviter que la situation ne dérape trop rapidement, mais quand même…..

Et vous, quelle est votre situation par rapport à tout cela ?

Restons en contact