Quand Thomas Harris arrive à me décevoir : Cari Mora

J’attendais depuis longtemps le retour de Thomas Harris, le maitre du suspense qui m’a fait vibrer avec Hannibal Lecter. Je devais probablement trop l’attendre, car Cari Mora reste une déception.

Cari Mora. 2019. Thomas HARRIS Trad. Par Bernard Cohen

Paris. Calmann Levy. Collection Noir. 295 p.

 

Présentation de l’éditeur pour Cari Mora de Thomas Harris  

Des lingots d’or sommeillent depuis des années sous l’ancienne villa de Pablo Escobar à Miami Beach. Gangs et malfrats se battent pour mettre la main dessus.

 

Aujourd’hui, c’est au tour du maléfique Hans-Peter Schneider de tenter sa chance. Mais c’était sans prévoir la présence de la sublime Cari Mora, qui veille sur les lieux. En matière de violence et d’armes à feu, personne n’a rien à lui apprendre.

Entre désirs et instinct de survie, avidité et obsessions macabres, le mal se faufile à chaque page. Aucun auteur de ces dernières décennies n’aura autant exploré les démons. Thomas Harris, au talent terrifiant, revient ici avec un sixième roman événement.

APRÈS DOUZE ANS D’ABSENCE, CARI MORA SIGNE LE RETOUR D’UN MAÎTRE ABSOLU DU THRILLER.

 

Hannibal Lecter, le héros réccurent de Thomas Harris
Hannibal Lecter, le héros récurrent de Thomas Harris

Mon avis (Décembre 2019) sur le dernier roman de Thomas Harris :

J’attendais depuis longtemps la nouvelle œuvre de Thomas HARRIS. Il faut dire que cet écrivain, le père du plus terrifiant des tueurs en série, le célèbre Hannibal Lecter, n’a écrit que 5 romans, dont 4 avec le personnage incarné à merveille à l’écran par Anthony Hopkins. L’attente était donc forte et même exceptionnelle, alors peut-être attendait-on trop de cet auteur, dont le travail ne pouvait pas plusieurs décennies après créer un personnage aussi mythique et emblématique. Ah, nostalgie quand tu nous tiens.

Donc le 18 mai dernier sortait le nouveau roman du célèbre écrivain, Cari Mora, comme si il voulait d’emblée nous souligner que l’héros est bien une héroïne, d’un autre genre certes. Une beauté fatale à en croire ses descriptions et l’attrait, qu’elle suscite auprès d’un pervers qui ne rêve que de mutilations et d’amputations : Hans Peter Schneider.

Attention, Cari Mora est une beauté fatale certes, que l’on imagine pétillante et exubérante, mais elle a un caractère bien trempé. Enfant soldat, elle a connu l’enfer avant de devenir la gardienne d’une villa à Miami qui n’était autre que celle du plus célèbre baron de la drogue Pablo Escobar. Inspiré d’une histoire bien réelle, ce récit nous plonge donc dans une guerre e bandits de haut vol, qui veulent tous récupérer les lingots cachés par l’ancien propriétaire.

Evoquant un crocodile femelle, l’auteur nous tient en haleine avec la personnalisation de ce carnassier terrifiant :

Hormis Félix, celle-ci n’a dégusté qu’un seul être humain dans son existence, un ivrogne tombé d’un bateau de touristes éméchés dont la disparition n’a été ni remarquée ni même signalée ou regrettée

Voilà donc notre héroïne face à un duel, qui multiplie les rebondissements et les suspens (je l’avoue, il n’y a rien de comparable avec le Silence des agneaux). Ne vous inquiétez, je ne vous dévoilerai pas l’intrigue ni même ces rebondissements…L’écriture est ciselée (l’auteur a pris le temps et cela se sent), les héros bien travaillés, mais il manque ce petit supplément d’âme …Vous l’avez compris, c’est une déception personnelle, même si j’avoue avoir passé un bon moment comme j’aurai pu le vivre avec un premier roman néanmoins. Comme quoi à force d’attendre…On en revient à cette quête des plaisirs perdus et à cet avantage de l’âge qui ne manque pas de nous traumatiser….

 

 

Et vous, Thomas Harris, vous l’aimez un peu beaucoup, passionnément ou pas du tout ?

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