Travailler un jour férié, vite, vite, pas une minute à perdre !

L’excuse de l’avantage de l’âge est bien pratique, puisqu’elle permet de justifier des positions diamétralement différentes à quelques années d’intervalle. Aujourd’hui, jour de fête nationale, je m’étrangle en constatant que travailler un jour férié est devenu la normalité, alors que plus jeune je m’insurgeais de la « paresse » de la multiplication de ces journées chômées de manière légale.

Travailler un jour férié, une habitude entrée dans les mœurs

Le supermarché de proximité, qui occupe une partie de ma vue imprenable (sic !) depuis ma cuisine, a ouvert ses portes à 9h00, prenant ses horaires du dimanche. Mais il est ouvert en ce 14 juillet 2020. Pour celles et ceux qui me lisent régulièrement, vous savez que j’ai été, dans une première vie, directeur de supermarché, et je peux vous dire que dans les années 1990, travailler un jour férié restait une exception même si la tendance de l’ouverture tout le temps se généralisait.

Aujourd’hui, cette ouverture des commerces pendant ces jours fériés ne se pose presque plus, et  les consommateurs ont pris l’habitude de ce confort qui leur est offert. Je ne vais pas m’étendre sur le sujet mais je vous invite à y réfléchir. Comment pouvons-nous avoir des repères quand tout  est remis en cause ? Apprend-on encore aux enfants à quoi correspond cette fête nationale ? La prise de la Bastille, mais plus encore …. La question du travail les jours fériés se pose également pour le travail du dimanche, le travail de nuit…

Travailler un jour férié, une suite logique de l’évolution de notre société

Je m’écarte un peu du sujet pour vous relater un épisode vécu cette semaine. Vous savez que je suis (en général) opposé à Amazon et aux autres géants du Web, préférant soutenir le commerce local comme je vous l’ai déjà expliqué pour les librairies indépendantes. Toujours est-il, que bien ancré sur mes positions, je me suis laissé séduire par ma princesse, qui avait besoin d’un câble pour pouvoir charger un accessoire de sa console de jeu préférée.    Nous sommes samedi soir, et il me faut le câble pour le samedi suivant. Un tour au supermarché, celui qui occupe mon panorama (j’en vois qui ne suivent pas au fond … 😊) pour comprendre que chaque marque a ses propres câbles, que chaque accessoire a une prise différente….Pourquoi se priver de vendre 10 câbles au lieu d’en vendre un ? Passons sur cette tendance consumériste ! Mon supermarché n’en a pas, et une recherche rapide me laisse supposer que j’aurai beaucoup de mal à en trouver dans les environs. Alors hop, quelques clics et me voila sur le site du géant du e-commerce. Quelques secondes après, je valide la commande …(Etonnant quand même la simplicité et la rapidité pour commander tout et n’importe quoi sur Internet).

Travailler un jour férié ou travailler comme un forçat, même combat

La commande est passée le samedi soir aux environs de 22 heures et je sais que la semaine suivante, un jour férié viendra ralentir ma livraison. J’accepte donc (ai-je le choix ?) de payer un surplus pour une livraison le mercredi, délai que je trouve fort raisonnable. Sauf que le dimanche soir, 24 heures seulement après ma commande, je reçois un mail m’informant que ma commande a été expédiée. Une expédition un dimanche soir, donc cela suppose bien que la commande a été préparée en ce jour traditionnellement chômé. Le lendemain (le lundi donc), je reçois un nouveau mail aux environs de midi pour me dire que ma commande m’a été livrée et est dans ma boite aux lettres. Vérification faite, ils avaient raison. Une simple commande ; et voilà de multiples sujets de réflexion. (Travail du dimanche, travail à la chaine, cadences infernales, ….)

Je voulais juste partager cette anecdote avec vous en évoquant ce travail pendant un jour férié. La société a bien changé et les conditions de travail aussi. Attention, je ne suis pas un « gauchiste » revendicatif bien au contraire. Plutôt un libéral modéré. Mais là, ne marche-t-on pas sur la tête.

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